Dimanche 28 août 2011

La société du racket & du mépris

L’accoutumance de l’esprit humain est un sujet d’étonnement permanent. En particulier, l’acceptation des rackets licites & du mépris permanent, par la population moutonnière 1 relève du prodige. Regardons un peu ces pratiques.

Le racket est l’extorsion d’argent ou d’objets, le plus souvent répétée & organisée, obtenue par chantage, intimidation ou violence [TLFI 2]. Il peut donc rester légal si l’intimidation (Action d’impressionner fortement, de faire peur à quelqu’un; résultat de cette action.) & la violence (Force exercée par une personne ou un groupe de personnes pour soumettre, contraindre quelqu’un ou pour obtenir quelque chose.) respectent les lois dont certaines sont faites pour effrayer & d’autres pour contraindre. Pour un libéral, les impôts & les taxes relèvent du racket. On peut le soutenir, si le consentement à l’impôt n’est pas inscrit 3, comme dans notre cas, dans la constitution ou dans son préambule. C’est une des caractéristiques de la citoyenneté à la française. En conséquence, toute personne qui propose des conseils pour ne pas payer d’impôts devrait être condamnée à la prison à perpétuité, bannie ou déchue de la nationalité ! Dans notre pays, le racket ne peut être que le fait de personnes morales ou physiques, pas du gouvernement. Ce n’est pas le cas du mépris.

Celui-ci est le sentiment par lequel on considère quelque chose ou quelqu’un comme indigne d’estime ou d’intérêt 4. Ce processus de base de l’étrangéisation & de la déshumanisation s’avère une facilité nécessaire aux esprits conscients de leur nullité : la seule façon de se sentir supérieur quand on est nul est d’en considérer d’autres comme négatifs. Se sentir supérieur revient à affirmer un rôle d’individu dominant ; ce besoin s’avère plus fort quand la dominance ne peut s’exercer ; mais, chez certains individus ce besoin relève de la pathologie, il se manifeste, alors, par le racisme, la xénophobie, la soif du pouvoir ou de l’argent ou par une frustration insupportable !

Pour les personnes morales, le mépris traduit le mépris de leurs dirigeants, pour les producteurs, pour les consommateurs, pour les usagers ou pour les citoyens.

Comme l’une & l’autre notions sont perçues négativement, même quand elles ne génèrent pas d’actes illégaux, il se révèle nécessaire de les camoufler ou de les justifier. Pour avoir discuté avec des racistes, des xénophobes, des libéraux & des anarchistes de droite, je peux dire que rare sont ceux assez cyniques pour avouer leur mépris d’autrui. Ils se justifient tous par les notions de supériorité d’infériorité & de destinée, jointes à celles de races, de cultures d’ethnie ou même d’individus & à un flou conceptuel aussi sidéral que sidérant 5. Pour avoir discuté avec des employés de racketteurs, qui s’identifiaient à leur employeur, les rackets seraient justifiés par les abus : comme 1  de la population commet des abus, il faut punir les 999 restant.

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Le racket

Sous sa forme légale, il se manifeste sous trois formes : les services payants, alors qu’ils devraient être gratuits ; les communications téléphoniques payantes pour les services après-vente ; les assurances obligatoires pour des risques déjà pris en charge.

Les premiers racketteurs sont les banquiers : le paiement des clients pour des services qui devraient être gratuits, car financés par les taux d’intérêt, représentent de 10 à 25 % des bénéfices avoués par les banquiers, selon les banques & les années.

Les services après-vente sont la seconde source d’extorsion de fonds. Ils devraient être gratuit, puisque leur raison d’être s’avère la mauvaise qualité ou l’inadaptation des biens & des services vendus. Ils ne le sont pas ! Pire les escrocs sont fiers de vous annoncer qu’il ne vous en coûtera que le prix d’une communication locale. Ils oublient de vous dire que pour ce prix modique, vous ne bénéficierez que d’une prestation modique avec un interlocuteur qui se fout complètement de votre problème & qui, trop souvent, ne comprend pas ce que vous lui dites, quand il s’exprime dans un français compréhensible ! Certes cela vous donne le droit d’injurier ce pauvre diable, mais cela ne résout pratiquement jamais votre problème.

Les assurances obligatoires pour obtenir un prêt sont une autre escroquerie. En effet, on m’a appris que le taux d’intérêt servait à rémunérer d’une part le sacrifice que fait le banquier en n’utilisant pas cet argent pour ses besoins 6 & d’autre part le risque que prend le banquier en vous accordant un prêt. L’assurance facultative obligatoire 7 est donc un vol pur & simple.

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Le mépris

Il se manifeste, à travers la nombrisation 8 des personnes & des situations & ce qu’on appelle à tort l’assurance-qualité & qu’on devrait nommer l’assurance merde, car l’assurance qualité ne vise pas à l’amélioration de la qualité, mais à sa maintenance à un niveau assurant les profits les plus élevés possible.

Il se manifeste dans l’irrespect des institutions républicaines par des élites, soucieuses de donner le mauvais exemple, afin de détruire les freins à leur puissance.

Il se manifeste dans les communautés, au sein desquelles la quête identitaire repose sur la dévalorisation des autres communautés & la survalorisation de la sienne.

Il se manifeste chez les salariés du secteur des services qui s’occupent, ouvertement, à des riens quand des files d’attente se constituent.

Il se manifeste chez tous ceux qui ne se soucient pas des nuisances qu’ils causent.

Il se manifeste par la requête du respect chez ceux dont les actes ne le justifient pas.

On peut multiplier, les exemples.

Mais je voudrais en citer, deux cas d’écoles, un que je vis depuis le début du mois de juillet & l’autre depuis le 5 août 2011.

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Deux exemples

Le premier est relatif au fournisseur d’accès Internet free.fr & le second au fournisseur d’accès sfr.fr. Comme par hasard, il s’agit d’abonnement donnant accès à internet, à la téléphonie fixe & à la télévision !

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Le traitement d’une panne chez free.fr

À partir du 24 juin, mes parents abonnés à free.fr n’ont plus eu d’accès au téléphone, ni à internet ; ils ont un accès complet internet, télévision & téléphone, mais seul le téléphone les intéresse vraiment : ils n’utilisent pas la télévision, mais ils sont obligés de souscrire l’abonnement, alors que les ventes groupées sont théoriquement interdites ; ils n’emploient internet qu’occasionnellement pour se connecter au blog de leur nièce préférée ; mais, à 84 ans, ils ont un besoin indispensable de téléphone & ils n’ont pas de téléphones portables, car ils n’en ont, strictement, aucune utilité : les touches étant trop petites & leur emploi trop complexe.

Le jour-même j’ai envoyé un mail dont free.fr a accusé réception. Nous sommes le 15 août & free.fr a annoncé le 9/8 la venue d’un technicien pour le 22/8, presque deux mois après la panne ! Il a fallu un échange de onze courriels, deux coups de téléphone dont un d’une opératrice parlant un français à peine compréhensible & l’autre d’un technicien de France Télécom annonçant qu’il n’y avait pas de problème pour son réseau, alors que le FAI a prétendu le contraire par la suite, & un dialogue par chat, au total plus de trois heures perdues.

M’étant rendu sur place, le 2 juillet j’ai pu constater que la freebox était en panne : elle n’était pas joignable du PC, la communication wifi ne fonctionnait pas & elle chauffait anormalement. Dès le 5 juillet, de retour chez moi, j’ai informé free.fr de cette état de fait & j’ai demandé la visite gratuite d’un technicien comme annoncé sur le site. Le SAV n’a tenu aucun compte des informations fournies & a appliqué connement les consignes d’assurance-merde qui expliquent le nombre de procès perdus par cette société. Le 5 août j’ai envoyé une lettre de mise en demeure recommandée avec AR qui m’a valu un mail confirmant la venue d’un technicien pour le 22/8. Le technicien venu le 22/8 n’a pas fait plus que moi-même : il a abouti à la même conclusion & commandé une freebox qui a été livrée par UPS après un SMS comminatoire d’avis de passage le 24, deux mois juste après le début de la panne. Les SMS chez SFR n’étant pas toujours livrés immédiatement, je n’ai su qu’à 14 heures que la livraison aurait lieu avant 14 h. La mise en service s’est donc faite le 25, la notion de service ayant disparu des horaires d’étés du SEMITAG (bus grenoblois) & de la SNCF.

En fait cela s’explique : free.fr se moque de perdre des clients tant que la publicité lui en amène plus qu’elle n’en perd. Le plus drôle est que le patron de cette société qui institue le mépris du client en règle d’or, Xavier Niel, a la réputation d’un homme de gauche 9. Il doit être de la trempe d’un DSK ou d’un BHL.

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Le cas sfr.fr

Le patron de SFR Franck Esser, est lui, franchement, un homme de droite. La politique de sa société sfr.fr, vis à vis des clients n’est pas fondamentalement différente de celle de free.fr. La vente forcée y est systématique. Il faut chercher, longtemps & minutieusement, pour découvrir qu’il existe des options modulaires. Je me suis ainsi rendu compte, il y a une semaine que j’avais dans mon abonnement ADSL, deux options inutiles dans mon cas dont la disparition me ferait économiser environ 8 € par mois. J’ai donc voulu résilier ces options. Comme rien n’indique comment faire sur le site, je me suis inscrit à leur forum. J’ai découvert que sur ce forum toute critique de sfr.fr était interdite : le modérateur a rejeté une de mes interventions dans laquelle je m’étonnais courtoisement, que l’on me demande de ressaisir des informations déjà en possession de sfr.fr. J’ai découvert également que le SAV avait l’art de répondre à côté de la plaque : quand je lui demande comment ne plus payer ces deux options il m’explique comment les désactiver avec Windows que je n’utilise pas pour l’une & avec mon mobile, ou elle ne figure pas, pour l’autre. Il leur a fallu 4 jours pour pondre ces âneries ! Depuis, je suis sans nouvelles !

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D’autres formes de racket & de mépris

Comparés aux précédentes, il existe des formes de racket & de mépris encore plus pernicieuses.

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Le racket sur les produits non raffinés & la vente forcée

Le sucre non raffiné & le lait entier coûtent bien plus cher que le sucre raffiné & le lait-demi écrémé. Ils devraient coûter moins cher puisque leur fabrication coûte moins cher. Il n’en est rien, l’argument de l’offre & de la demande ne tient pas non plus puisque nous avons des excédents de production. La raison fondamentale s’avère la nécessité de rentabiliser les investissements réalisés, alors qu’en ces périodes de crise, les fauchés apprécieraient peut être plus des produits non raffinés moins cher, & souvent meilleurs pour la santé.

La vente forcée est interdite, mais elle est la règle : un exemple, la noix de muscade, il me faut 20 ans pour en consommer une, mais je suis obligé de les acheter par 5 ou par 10. De même pour la plupart des épices !

Les packs de produits laitiers, de produits d’entretien ou de boissons indissociables relèvent de la même logique. La vente forcée est passée dans les mœurs pour les produits d’alimentation & d’entretien, même les artisans s’y mettent. Le faible coût en résultant justifierait le gaspillage, car il s’agit de gaspillage : qui utilisera mes noix de muscade, si je meurs dans 10 ans, sachant qu’elles ont plus de 20 ans d’âge ! Mais ce gaspillage s’étend aux surcoûts d’emballage, de transport, aux dérèglements alimentaires que peuvent générer les excès de produits à date de péremption proche, etc.

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Le mépris des élites

Le plus grave s’avère ce mépris inconscient des élites envers le peuple : vous & moi. Le référendum de 2005 sur le traité européen a été le révélateur, le bouclier fiscal, le fixateur & les rémunérations sans rapport avec les responsabilités 10 des dirigeants des entreprises du CAC40, l’amplificateur.

Son seul avantage, il permet de détecter les cons finis, tous ceux qui disent : « Si j’étais à leur place j’en ferais autant ! »

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Ce mépris va jusqu’aux élections qui sont dévoyées comme le montre tant l’exemple américain, où le déplafonnement tous azimuts des dépenses de campagnes électorales est la première explication de la déroute démocrate aux dernières élections, que le français, où les élus estiment avoir le droit de soutenir des mesures agréables à leurs financeurs au détriment de leurs électeurs.

Ce mépris se manifeste avec le qualification de populisme des contestations de l’idéologie libérale. Au départ, on définissait comme populiste, tout mouvement, toute doctrine faisant appel exclusivement ou préférentiellement au peuple en tant qu’entité indifférenciée. Aujourd’hui, on appelle ainsi toute personne ou tout mouvement qui essaient de tenir compte des aspirations populaires : réductions des inégalités & de la précarité, rétablissement de la démocratie & des libertés. Le sens traditionnel, caractéristique des mouvement réactionnaires, sert à disqualifier les critiques réformatrices ou révolutionnaires qui ne traitent pas le peuple comme une entité indifférenciée 11.

Quand le peuple n’a le droit de s’exprimer que tous les cinq ans, sans qu’on lui fournisse les informations nécessaires à la prise de décision & sans qu’on tienne compte plus de sa volonté, le seul moyen de se faire entendre des autistes méprisants devient l’émeute, comme commencent à le comprendre de plus en plus d’individus. C’est le signe d’une société malade !

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  • 1 Bien que, dans notre langue, traiter quelqu’un de mouton soit plutôt méprisant, ce n’est pas le cas ici. Dans tous les groupes d’animaux certains sont des meneurs & d’autres des suiveur. Il y a toujours plus de suiveurs que de meneurs. Les suiveurs, telles des grenouilles plongées dans une marmite d’eau froide, sont, toujours prêts à accepter une concession gênante tant que leur survie n’est pas en cause. Dans l’espèce humaine existent, en plus, des libres-penseurs (Il se peut qu’il en existe dans d’autres espèces !), ni meneurs, ni suiveurs, qui essaient : primo, de ne pas être victimes des meneurs ; secundo, souvent, d’empêcher ceux-ci de victimiser les suiveurs.
  • 2 Les citations en italique dans le texte sont toutes tirées du TLFI. Celui-ci est employé à partir du site http://www.cnrtl.fr/portail/, un fabuleux outil de documentation textuelle.
  • 3 Le consentement à l’impôt se fait par la participation aux élections : le Parlement ayant pour mission de définir l’impôt. Donc, en principe, tout abstentionniste refuse l’impôt. Donc, hypocritement on ignore son vote. Une personne ayant voté pour la majorité parlementaire, qui fraude le fisc, joint la connerie au délit. Il devrait y avoir des peines aggravées pour ça !
  • 4 Rappel : le contraire du mépris est le respect. Celui existe sous trois forme :
  • celui que l’on doit à tout être vivant, car, jusqu’à preuve du contraire, toutes les formes de vie jouent en un rôle dans les écosystèmes ;
  • celui que l’on doit à tous les citoyens dans une démocratie ;
  • celui que l’on gagne par ses actes.

    Beaucoup se soucient d’autant plus du troisième, qu’ils ne font rien pour le mériter, & ils en oublient les deux premiers.

  • 5 L’intelligence & la culture des êtres humains sont complexes. La vie humaine est hyper-complexe. C’est pourquoi, s’il est possible de dire qu’un individu est plus grand qu’un autre, qu’il court plus vite dans certaines conditions, ou qu’il est plus beau, selon les critères en vigueur, même si l’on considère ces faits comme des preuves de supériorité, cela ne veut pas dire qu’ils soient toujours des avantages pour la survie ou pour la reproduction. Plus, d’une part nous savons que l’intelligence se compose d’au moins huit dimensions & nous ne savons en mesurer que deux &, encore avec des étalons contestables, d’autre part, il n’existe pas d’instruments de comparaison des cultures ; une seule chose se révèle certaine : posséder une culture étrangère à la société, dans laquelle on vit, se révèle un handicap de fait, mais certains tournent cela à leur avantage.
  • 6 En fait, il n’en est rien. On sait que le banquier crée de la monnaie en accordant un prêt, puisqu’il prête bien plus qu’il ne possède. Il ne sacrifie, donc, rien. Bien au contraire, il a besoin d’accorder des prêts pour vivre. Il vit des commissions sur les transactions financières, des intérêts sur les prêts & des services qu’il fait payer à ses clients. Le taux d’intérêt rémunère donc uniquement le risque de ne pas être remboursé. L’épargne de ses clients sert à limiter le fuite de sa monnaie vers les autres banques. La Banque de France ne crée que les billets & les pièces ; soient moins de 5 % de la monnaie en circulation dans l’économie.
  • 7 Si elle était obligatoire, elle s’ajouterait au taux d’intérêt &, dans le cas des prêts renouvelables, celui-ci dépasserait le taux légal de l’usure. Mais elle l’est, pratiquement, parce que si vous refusez d’y souscrire, comme par hasard, votre dossier est systématiquement rejeté ! Sauf si vous déposez votre demande le dernier jour du mois ou du trimestre, alors que les objectifs ne sont pas atteints.
  • 8 Il n’y a plus de contact de personnes, mais des contacts entre des numéros de clients & des numéros d’employés. Les gros propriétaires immobiliers font la même chose avec les SCI & les agences de location, plus de personnes, seulement des codes de dossiers.
  • 9 Réputation probablement confectionnée par des réactionnaires à qui la réputation sulfureuse du personnage (Il a fait fortune dans le Minitel rose & les peepshow & il a été condamné pour recel d’abus de bien sociaux) ne peut être que le fait d’un dévoyé gauchiste ; les gens de droite étant d’une honnêteté scrupuleuse, comme l’ont prouvé récemment Mrs Chirac (frais de bouche), Tibéri (mairie de Paris), Woerth (hippodrome de Compiègne) & Mme Lagarde (affaire Tapie) ! En pratique, il finance un site internet de droite & un de centre droit, il a financé Bakchich, site contestataire anti-sarkozyste, & c’est un des propriétaires du journal Le Monde, journal social-libéral centriste. À noter, c’est l’introducteur des offres triple-play, à savoir la vente forcée, avec l’accès à internet, d’abonnements téléphoniques & d’accès à des chaînes de télévision. C’est, de fait, un spécialiste du mépris !
  • 10 Quand leur entreprise perd de l’argent, ce n’est jamais en raison de leur incompétence, mais par la faute du marché ; quand elle gagne, ce n’est jamais dû au marché, mais à leur inexistante action !
  • 11 Les politocards sont tous populistes quand ça les arrange : l’un, élu par moins de 50 % des électeurs n’hésitera pas à soutenir que le peuple français lui a demandé de favoriser ses amis. Des dirigeants socialistes n’hésitent à parler au nom du peuple de gauche qui majoritairement les rejette !
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Mercredi 24 août 2011

Des instructions absurdes – 1

N’ayant pas de voitures, je prend peu souvent l’autoroute ! Cependant, ce dimanche, j’ai roulé sur les autoroutes 7 & 51. À ma grande surprise, j’y ai vu des panneaux lumineux annonçant : « Pollution de l’air : levez le pied ! »

Je me suis d’abord demandé si cela s’adressait uniquement aux unijambistes, car le pied n’était pas précisé. En réfléchissant, je me suis dit qu’il devait s’agir d’un pied quelconque de passager, même si les problèmes restent de savoir : si tous les passagers doivent lever un pied ou un si un seul doit se sacrifier, de la durée de ce ou de ces levers, de ce qui se passent s’ils lèvent deux pieds, de l’impact du lever de pied, selon sa durée, sur la pollution, si le pied doit rester dans une chaussure, car j’aurais tendance à penser que un pied sorti de sa chaussure n’améliore pas forcément la qualité de l’air ! Pour ce qui est des conducteurs, il ne peut s’agir que du pied droit, car s’ils lèvent le gauche de l’accélérateur, la voiture s’arrête, & aucune ne ralentissait ni ne s’arrêtait, peut-être que, comme moi, ils employaient le régulateur de vitesse de leur véhicule.

Dans le doute, j’ai levé les pieds alternativement pendant 30 secondes chacun, mais au bout de cinq minutes je me suis lassé & j’ai pris le risque de laisser l’air pollué !

Je doute fort que la quantité d’énergie consommée pour afficher, en permanence, cette injonction absurde diminue la pollution de l’air !

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Mardi 28 juin 2011

Écol-pol 2 : Crise & crises (1/5)


Avant de parler de crise, il faut dresser un bilan de la situation présente.

Premier bilan

La situation se présente comme suit :

  • le système économique dominant, le capitalisme, a détruit, pratiquement, tous les systèmes concurrents ;
  • la mondialisation libérale essaie de détruire les spécificités locales pour n’avoir que des consommateurs & des travailleurs interchangeables & aliénés par l’endettement & la consommation ;
  • la poursuite du rêve consommationiste provoque l’explosion de la consommation de matières premières ; or, à l’exception du fer, elles sont en quantités trop limitées ;
  • les quantités de ressources renouvelables diminuent quand la consommation annuelle s’avère supérieure aux quantités renouvelées dans le même temps ;
  • les pollutions se multiplient diminuant la qualité de vie, par le développement de maladies ;
  • les technologies nouvelles présentent deux inconvénients : elles nécessitent de plus en plus de ressources & elles sont la propriété de firmes qui ne sont pas réellement philanthropiques ;
  • l’économie fonctionne grâce à l’endettement croissant des consommateurs afin de satisfaire des besoins inventés pour augmenter la consommation ;
  • les sociétés s’organisent en trois groupes qui vont se rigidifiant : les riches, la classe moyenne & les exclus ;
  • le climat change ;
  • le nombre d’emplois est inférieur à celui de travailleurs, dans tous les pays ;
  • l’économie financière est devenue virtuelle, sans lien avec l’économie réelle ;
  • la voiture, la télévision, l’informatique, l’internet & les téléphones mobiles ont changé, diversement, la façon de vivre d’une fraction minoritaire, mais non négligeable, de la population mondiale ;
  • la disparition de l’Union Soviétique a eu une conséquence inattendue, la disparition de l’espoir en un monde meilleur, & une prévisible, la remise en cause des acquis sociaux, concédés depuis 1936, sous la menace du monstre rouge aux aguets, le couteau entre les dents & même l’apparition de tentatives de retour au servage ;
  • le consommationisme nécessite des changements trop fréquents pour que nos esprits puissent les assimiler sainement ;
  • pire, nous avons du mal à accepter l’absence de sens de la vie (en dehors de sa reproduction), alors, nous nous rattachons aux mots pour lui ne donner un, mais ce système, 129578346par les détournements publicitaires, par la généralisation de l’inculture, par la surabondance d’informations erronées, vide les mots de leurs sens, incitant au développement de communautés de langage qui deviennent des communautés tout court.

Développons ces points !

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1 Le triomphe du capitalisme

Présent sur toute la planète, il 1 détruit systématiquement les systèmes qu’il côtoie. Soit physiquement par l’extermination des personnes, la destruction de l’écosystème, soit intellectuellement, en se propageant dans les élites & en employant le système précédent comme outil d’asservissement de la population (Afrique, Moyen-Orient) & la guerre quand cela ne suffit pas. Sa force repose sur deux points : il a résolu le problème de l’occupation du temps agréablement (travail & consommation) & il incite à satisfaire les désirs individuels au lieu de valoriser exclusivement les devoirs collectifs. Des îlots de résistance anticapitalistes (communautés de producteurs) se développent en son sein, dans des lieux où les populations ont pu constater ses inconvénients !

Sa particularité est de n’autoriser aucune contestation qui ne génère pas de profits. Les écologistes ont été traités d’hurluberlus tant que les multinationales n’ont pu réaliser de profits avec ! L’anarchisme est accepté parce qu’il fait vendre des livres, des vêtements & des colifichets ! Il y a même une série télévisée qui en traite !

Mais il repose sur une contradiction qui éclate aujourd’hui : pour réaliser toujours plus de profits, il faut que la part du travail dans le partage de la plus-value diminue, grâce à l’automatisation & aux délocalisations. Si elle diminue, la consommation diminue & les profits baissent. Ce problème a été surmonté, provisoirement, par l’accroissement de l’endettement, mais celui-ci approche de son maximum !

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2 La mondialisation libérale

Il n’y a plus de frontières hermétiques entre les États ; de plus en plus de firmes sont multinationales ; Internet permet une circulation mondiale quasi instantanée des informations ; la rapidité des moyens de transport rétrécit la planète 2.

Une mondialisation qui chercherait à égaliser les conditions de vie en les alignant sur celles des plus favorisés serait une bonne chose. Hélas, elle est impossible : si 20 % de la population consomme 80 % des ressources, il n’est pas possible que 100 % de la population consomme 400 % des ressources. Pour atteindre un équilibre, il faudrait que les 20 % de favorisés ne consomment que 20 % des ressources ! Même si les favorisés ne le souhaitent pas, c’est ce qui se met en place, par les délocalisations, l’automatisation des productions, le développement de la précarité & de l’endettement, afin d’anesthésier les velléités de révolte.

Cette mondialisation présente quelques autres inconvénients :

  • la surexploitation des ressources renouvelables induite par la nécessité de satisfaire l’accroissement de la demande générée par le surendettement dans les pays développés & par la croissance dans les pays émergents ;
  • la surexploitation des populations & par conséquent, l’augmentation de la pauvreté : une des tartes à la crème des libéraux est sa diminution parce que tous ceux mourant avec moins d’un dollar par jour meurent maintenant avec moins de deux dollars par jour ; il y a 20 ans, 600 millions de personnes mourraient de faim chaque année, aujourd’hui, c’est près d’un milliard ; & la pauvreté est réapparue dans les sociétés développées, avec les travailleurs pauvres & le travail des enfants ;
  • la quasi-impossibilité de résoudre localement des problèmes locaux, car les coupables sont d’une part ailleurs & d’autre part irresponsables ;
  • la diminution de la diversité culturelle, les élites adhérant au libéralisme & aux valeurs individualistes & réactionnaires de l’industrie culturelle:plus personnes ne s’étonne de slogans publicitaires en anglais ou de titre de film français en anglais ! Il est de bon ton de glisser un maximum d’anglicisme dans ses propos ; pire défendre la culture française est ringard, alors qu’il s’agit aujourd’hui d’un acte révolutionnaire ! La malbouffe fastfoodienne est partout ciment de camaraderie au rabais, car ne reposant que sur la consommation & non sur la lutte, etc.

Elle a quelques avantages, au moins pour moi :

  • je pourrais manger des aubergines, des poivrons & des tomates fraîches toute l’année, si l’envie me prenait de céder à la mode de la désaisonnalisation qui nous coupe, encore un peu plus de nos rythmes naturels !
  • je peux me procurer, grâce à internet des produits introuvables en France ou grâce aux déplacements bon marché : ginger ale, conserves d’ormeaux, bacon anglais, fruits exotiques, bières allemandes, belges ou britanniques, crus de chocolats rares, alcools étrangers (pisco, cachaca, etc.) à des prix raisonnables.

Mais les coûts sociaux, politiques & moraux en sont si élevés que les avantages paraissent ridicules.

L’idée d’une autre mondialisation plus juste est séduisante, mais elle repose sur le productivisme, même s’il s’agit d’une version plus raisonnable, plus juste, plus durable des échanges !

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3 L’épuisement des ressources naturelles non renouvelables

Notre planète est finie. En clair, elle n’augmente pas de taille au fur & à mesure de nos besoins. Il est donc certain qu’un jour ou l’autre nous épuiserons toutes les ressources non renouvelables. Le problème est d’une part de savoir quand surviendra cet épuisement & comment nous nous y adapterons.

Si nous disposons d’un capital d’un milliard d’euros & que nous en consommons 500 000 chaque année, il nous faut 2 000 ans pour le dilapider ; si nous en consommons annuellement 10 millions, il nous suffira de 100 ans ; si nous doublons notre consommation chaque année, en 25 ans c’est terminé, si nous l’augmentons que de 10 % chaque année, il nous faudra 45 ans.

Les spécialistes estiment, aujourd’hui, que dans 35 ans, au mieux, nous aurons épuisé le pétrole, le plomb, l’aluminium, l’uranium, le platine, etc.

Arriverons-nous à nous adapter durant cette période, alors que nous nions, encore, qu’elle puisse arriver ?

L’intelligence collective humaine est colossale, mais elle repose sur le foisonnement d’idées provenant de la diversité culturelle & sur la consommation de toujours plus de ressources.

D’autant que nous n’avons aucune idée de ce que pourrait être un monde sans pétrole, sans tous ces métaux, c’est-à-dire un monde avec peu d’énergie, & donc peu de déplacements & peu, ou plus, d’ordinateurs ni de voitures.

~*~

4 Les ressources renouvelables

Elles sont dans une situation critique :

  • malgré son abondance l’eau est très mal répartie & de plus en plus d’individus y ont un accès de plus en plus difficile en raison de pollutions & de modifications climatiques ;
  • l’augmentation du niveau de vie & de la population3 entraîne une augmentation de la quantité d’aliments à produire : d’où une surexploitation des terres & le développement d’élevages industriels générateurs de maladies en raison de l’abus de produits chimiques pour augmenter la production ;
  • la surpêche menace de plus en plus d’espèces, la gravité est double :
  • d’une part, toute diminution de la diversité est néfaste à l’écosystème humain planétaire,
  • d’autre part, elle a trois conséquences néfastes :
  • la perturbation de cycle de prédation entraîne la prolifération d’espèces dont certaines sont nuisibles à notre espèce,
  • le recherche de nouvelles espèces comestibles,qui vont être elles-mêmes surpêchées,
  • le développement d’élevages industriels polluants, obligeant à droguer les poissons afin d’activer leur engraissement,
  • l’agriculture est tiraillée entre la production d’aliment pour les humains, pour le bétail & pour l’énergie, une raréfaction du pétrole sans baisse importante de la consommation d’énergie entraînera une baisse des productions alimentaires.

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  • 1 Je ne personnalise que par commodité de langage, mais je n’oublie pas que ce sont les membres des conseils d’administration des multinationales, tous sans exception & quelques politiciens complices ou imbéciles qui, l’organisant, sont responsables de ses méfaits.
  • 2 Nous rigolons quand nous voyons des films relatifs au début du xxe siècle avec des voitures se déplaçant à 20 km/h, mais nous oublions qu’à cette époque, il était exceptionnel d’atteindre les 20 km/h & encore plus rare de parcourir plus de 100 km par jour !
  • 3 Ces salauds de pauvres sont non seulement nombreux, mais en plus ils prétendent obtenir vivre dignement avec, pour beaucoup, une alimentation de qualité ; c’est intolérable !
  • En dehors de tout malthusianisme, il est évident que ni la population, ni le niveau de vie (même avec une population n’augmentant plus) ne peuvent augmenter indéfiniment. Il faudra, donc, limiter les naissances au taux de remplacement des générations & répartir les richesses autrement, si nous voulons limiter les dégâts. Quant à savoir comment procéder, si vous avez une solution sérieuse envoyez-la moi !
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Vendredi 17 juin 2011

L’écologie politique

On définit, généralement, l’écologie politique comme « un ensemble de courants, largement diffusés depuis les années 1970, qui insiste sur la prise en compte des enjeux écologiques dans l’action politique & dans l’organisation sociale. »

En pratique, l’écologie est l’étude des interactions, entre un individu (isolé &/ou en groupe social constitué) & le milieu biotique & abiotique qui l’entoure & dont lui-même fait partie, & des conséquences de ces interactions conséquences sur le milieu & sur les individus eux-mêmes. Les écologistes sont des scientifiques qui ne portent pas de jugements en terme de bien & de mal.

Les écologismistes, partisans de l’écologisme1, ou environnementalisme, que j’appelle ainsi, afin de ne pas les confondre avec les précédents ne sont pas des scientifiques, ils sont, même, souvent opposés aux sciences & aux techniques au nom d’une mythique nature : la Nature, qu’elles détruiraient.

Ce qu’on appelle l’écologie politique, à ce jour, c’est l’écologisme : une vaste foutaise2, permettant de justifier les pratiques capitalistes éhontées !

Ces diverses composantes (certains mouvements féministes, certains tiers-mondistes, certains pacifistes & d’autres non violents, végétariens, antispécistes, libertaires, socialistes autogestionnaires, décroissancistes, etc.) n’analysent pas la situation, n’étudient pas l’écosystème planétaire : elles la pensent à travers le prisme déformant de leur idéologie réductionniste.

Certaines de ces approches ne privilégient que la sauvegarde de l’environnement, d’autres combinent la sauvegarde de l’environnement & une vision rétrograde, ou parcellaire, de l’homme. Elles constituent des chapelles exclusives, permettant à des personnes ayant des problèmes de pouvoir de s’autoproclamer « pape ». Cette déconsidération de l’écologie politique est portée à son comble par ces écotartuffes3 qui, tels messieurs Hulot & Arthus-Bertrand, polluent allègrement4 soi-disant pour promouvoir la lutte contre la pollution.

Le plus triste est de voir que la décomposition des élites politiques françaises de droite, du centre & de gauche est telle que même les charlots d’Europe-Écologie paraissent crédibles, malgré leurs dissensions, malgré Cohn-Bendit & malgré leurs options politiques trop souvent ineptes.

Mais il faut analyser nos problèmes écologiques avant de montrer l’inconsistance des solutions proposées & d’essayer de bâtir une véritable écologie politique mesurant les enjeux & évaluant les moyens pour les atteindre & les probabilités de réussite.

~*~

L’humanité vit une période de crises. Il existe d’une part une crise globale, économique, sociale, politique, morale & individuelle & d’autres parts des crises locales sur les mêmes plans & sur le plan écologique, également !

Détaillons !

  • La crise économique résulte de la mondialisation capitaliste ; elle est accentuée par la dichotomie entre une économie financière virtuelle s’appuyant sur la production artificielle de besoins & une économie réelle reposant sur la consommation de biens & de de servies indispensables.
  • La crise sociale naît de l’écart croissant entre les riches & le reste de la population.
  • La crise politique résulte également de la mondialisation quand des entreprises ayant la taille d’États sont multinationales, les gouvernements n’ont plus d’emprises sur elles ; ce sont elles qui font les politiciens ! Dans le même temps, la diffusion de l’information propage l’idée de démocratie quand politiciens & entreprises n’en veulent plus5.
  • La crise morale a plusieurs sources : la mort de Dieu a désenchanté le monde ; les religions, antirépublicaines par essence, se sont toutes déconsidérées ; le culte de l’Argent n’est pas satisfaisant ; le consommationisme repose sur la frustration.
  • La crise individuelle vient de ce que l’individu est de plus en plus valorisé théoriquement, alors que la valorisation réelle devient impossible pour le plus grand nombre & qu’il en prend conscience !
  • Il n’est pas correct de parler d’une crise écologique globale : tous les problèmes, actuellement, attribués au réchauffement climatique, sont, d’abord, dus à la cupidité des capitalistes, en particulier, & à l’aveuglement des hommes, en général !

Ces crises provoquent des effondrements : minéral, énergétique, alimentaire, sanitaire, social, politique, culturel, individuels ; & des problèmes technologiques, informationnels, liberticides.

Chacune de ces crises, chacun de ces effondrements, chacun de ces problèmes nécessiteraient une étude approfondie. Dans les articles suivants, nous ne ferons que les présenter, précisément, en montrant des erreurs d’analyse à éviter & en suggérant des esquisses de solutions ! Des articles sans rapport avec l’écologie politique seront de temps en temps intercalés, lors de remises en question des premières analyses !

~*~

  • 1 L’environnementalisme ou écologisme est à la fois une idéologie incluant la philosophie du mouvement prétendu écologiste. Il ne se préoccupe pas de l’étude du milieu, mais de sa protection, celui-ci étant sacralisé. En pratique, les humains passent après le milieu ! Il s’intéresse à : la conservation des ressources naturelles, la préservation de la « vie sauvage », la lutte contre la dégradation, la fragmentation & la destruction des habitats & des écosystèmes au sens le plus large ; mais l’homme n’est qu’un prétexte au retour vers un hypothétique âge d’or où il était en communion avec la Nature ! C’est un nouveau malthusianisme paré d’un vernis aguichant, comme nous le montrerons.
  • 2 Il repose sur des tas d’idée reçues plus idiotes les unes que les autres, en voici quelques unes particulièrement ineptes :
  • la grande distribution supprime des emplois, c’est faux, il y a bien plus d’emploi dans la branche commerce aujourd’hui qu’à ses débuts, il y a 50 ans ; en revanche, elle démolit le tissu social & réduit la diversité des offres !
  • le nucléaire est dangereux : plus de 100 000 morts & blessés, en 50 ans ; sur la même période, la voiture a tué, ou blessé, près de 50 millions de personnes ; en revanche, l’énergie nucléaire, potentiellement dangereuse, s’avère l’énergie la moins polluante, à court terme ; ce qu’il ne faut pas dire, car c’est le mal ! l’amiante, la dioxine & la faim ont fait plus de dégâts sans que cela gêne les écologismistes, car ces fléaux ne menacent pas la Nature !
  • le chauffage au bois est sain parce qu’il est naturel ; au Québec, où il est très répandu, on le juge tellement polluant que les citoyens sont invités à passer au chauffage électrique ; en revanche, les nouvelles chaudières & les nouveaux conditionnements, hors de prix, ne le sont pas !
  • 3 Il ,s’agit de journalistes, d’artistes ou de politiciens bâtissant leur fortune en luttant médiatiquement contre les pollutions sans intérêts pour eux, tout en se taisant sur celles intéressant eux-mêmes ou leurs amis !
  • 4 Que ce soit par l’usage intensif d’avions ou d’hélicoptères ou par un soutien sans faille d’industries polluantes quand elles appartiennent à des amis !
  • 5 Plus précisément, les unes & les autres usent du mot démocratie (pouvoir du peuple), mais ils ne veulent plus entendre parler du peuple : ils ne considèrent que des individus les légitimant périodiquement afin qu’ils puissent, ensuite, servir leurs propres intérêts baptisés intérêt commun ! Œuvrer pour le bien public, c’est augmenter les biens des hommes publics & des grands actionnaires d’entreprises privées ! Dans le même temps, ils désorganisent les services publics, car toutes les actions collectives contrarient leur religion intransigeante : le libéralisme ! Quand, par hasard, un politique plus courageux que les autres essaie de parler au peuple de son intérêt à lui peuple & non de celui des entreprises, dit intérêt national ou européen, il est brocardé unanimement : c’est un populiste !
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Samedi 21 mai 2011

Les jeux & nous (4/4)

La pratique des jeux

Quand on joue sur Internet dans un des deux derniers cadres ludiques susmentionnés, chaque joueur a en cours plusieurs parties, éventuellement de jeux différents. Dans un tournoi, toutes les parties de tous les joueurs commencent en même temps ! Il m’est arrivé d’avoir plus de 280 parties en cours. Aujourd’hui, j’essaie de ne pas dépasser la cinquantaine ! Car en plus je joue régulièrement à Set & à Crazy Circus sur le site http://www.ludagora.net/ & à Sokoban, Shisen-Sho & Démineur sur mes ordinateurs & j’utilise, pour m’entraîner avec lui, le superbe programme de jeux de stratégie abstraits Zillions of Games qui permet de s’entraîner à plus de 1 000 jeux & casse-tête !

Une des particularités qui me fait apprécier ces jeux médiatisés, c’est l’absence de manifestations émotives, comme les explications de la méforme intellectuelle ou de la grande fatigue de la journée que l’on entend systématiquement, au moins en France. Le gagnant commente d’un GG qui signifie « Good game » ou bien « Bien joué » & le perdant poli un sobre « Congrats » pour « Congratulations » ou « Félicitations ».

Sauf s’il s’agit de passionnés, quand des amateurs se font étriller à la pétanque, par de plus adroits qu’eux, ils n’éprouvent pas le besoin de justifier leur défaite. Au plus, s’ils sont mauvais joueurs, ils feront ressortir le métier des gagnants. Il faut dire que, hormis dans les compétitions, la pétanque est une activité sans grands enjeux. De même, il semble que nous acceptions, plutôt bien, d’être surclassés physiquement. Mais, dès qu’il s’agit de jeux de société, tout change ! En effet, dans ceux-ci, ce n’est plus la force physique, que l’on peut appréhender d’un coup d’œil, qui travaille, mais l’intelligence, selon sa conception populaire & c’est là que le bât blesse. Car, si nous sommes tous d’accord pour penser qu’elle s’avère la fonction mentale d’organisation du réel en pensées & en acte. [TLFI], nous sommes peu nombreux à comprendre qu’elle ne peut être que multidimensionnelle.

En fait, nos comportements semblent fonction de trois aspects de notre personnalité :

  • les huit dimensions de l’intelligence 1, verbale, maîtrise des outils linguistiques ; logique, maîtrise du calcul, du raisonnement & du dénombrement ; classificatoire, maîtrise de la reconnaissance, de la classification & de l’organisation ; spatiale, maîtrise des images mentales & de la perception du monde ; musicale, maîtrise des structures musicales ; corporelle, maîtrise de son corps & de ses mouvements ; interpersonnelle, maîtrise des relations avec autrui ; personnelle, connaissance de soi-même ;
  • les dix composantes de la personnalité, il s’agit de personnages que nous jouons en fonction du contexte : professionnel, catégoriel (car les classes sociales influent nos comportements), sexuel, groupal (statistiquement vrai, mais individuellement faux), politique, géographique (je ne sais si c’est vrai pour tous, mais je suis un autre homme quand je pénètre en Arles, mon pays natal), conscient, inconscient, privé (dans le quant-à-soi), “imaginatif” (faute d’un mot adéquat pour désigner ce personnage2 ;
  • les onze motivations de l’action, se mettre en avant (meneur), s’engager (battant), concevoir des solutions nouvelles (concepteur), appliquer ces solutions (innovateur), rechercher des solutions normées (normalisateur), respecter & renforcer les normes (légaliste), se réaliser dans les autres (fusionnel), permettre l’accord (médiateur), se mettre en situation de prodiguer des conseils (conseiller), déchiffrer l’inconnu (découvreur), se faire plaisir (jouisseur3, j’ai placé cette motivation à la fin, en raison de ma conviction, quant à son antécédence sur les précédentes.

Or, quand nous jouons nous ne mettons en œuvre que cinq des motivations celles de battant, de concepteur, d’innovateur, de légaliste & de jouisseur ; que quatre composantes, consciente, inconsciente, privée & « imaginative » & que trois dimensions de l’intelligence, verbale, logique & classificatoire. Tous les problèmes de notre relation aux jeux de réflexions viennent de ce que ces dimensions de l’intelligence sont les seules valorisées, de ce que ces composantes de la personnalité mettent en jeu notre place privilégiée dans le monde, tout comme les cinq motivations 4. Pour pouvoir jouer sans complexe, il nous faut soit nous moquer de notre image, reflet de notre position privilégiée, soit comprendre qu’aucun de ces éléments n’a de sens s’il n’est pas rapporté à l’ensemble des éléments de sa catégorie. C’est parce que ces composantes, ces motivations & ces dimensions sont parcellaires, parce qu’elles ne constituent qu’une partie de notre personnalité & parce que, en outre, on ne sait pas estimer rationnellement ces trois ensembles qu’il s’avère impossible de dire si un individu est supérieur à un autre. Tout ce que nous savons dire c’est untel est mieux armé pour s’enrichir, tel autre pour faire de la musique, mais nous n’avons aucun moyen de déterminer des critères de supériorité ou d’infériorité.

De plus, les enjeux de ces parties sont d’autant plus faibles que nous les chargeons moins émotionnellement. Je pourrais comprendre qu’excellent joueur, on se vexe d’être battu par un débutant, parce qu’on l’a snobé ! Mais tant qu’on n’a pas compris ce que j’appelle la philosophie d’un jeu 5, il n’y a pas de honte possible à perdre. Le Trax est, de loin, mon jeu préféré ; à l’heure actuelle, après six ans d’interruption, j’y suis complètement nul, car je ne comprends plus la philosophie du jeu 6 ; je ne désespère pas, malgré mon âge vénérable, d’arriver à un niveau correct.

Personnellement, mes objectifs ne sont pas de gagner, mais de jouer de mon mieux, de tirer les leçons de mes échecs afin de progresser & de (mieux) comprendre la philosophie du jeu. Perdre contre plus fort que moi ne me gêne pas, si j’ai bien joué, gagner contre plus faible que moi me gêne, si j’ai mal joué ! Cependant, cela m’embêterait de perdre plus de parties que je n’en gagne. Cela ne s’est encore produit sur aucun site. Je me considérerais comme vieux le jour où cela se produira pendant plus d’un trimestre 7.

Ceci pour souligner que jouer n’est jamais, complètement neutre, nous y investissons toujours une part de nous-mêmes ; nous y donnons une certaine image de nous-mêmes & ce qui nous gêne s’avère l’impossibilité de maîtriser la construction de notre image, puisque tous nos opposants ponctuels y participent !

Il nous faut dépasser à la fois des conceptions caduques de l’intelligence, minimiser notre investissement émotionnel pour arriver à jouer sans complexe. Pourquoi faire ces efforts ? Parce que les jeux de stratégies abstraits sont un des outils privilégiés du développement culturel individuel : un outil peu onéreux, dont on peut facilement fragmenter l’utilisation, on peut même jouer pendant son temps de travail 8, un outil permettant de mesurer facilement sa propre progression ! Mais, l’un des freins les plus importants à ce développement ludique s’avère la difficulté de leur acquisition.

~*~

  • 1 Howard Gardner, dans son livre Les intelligences multiples, parle de huit formes d’intelligence. Je pense que Gardner se trompe en dénommant ces notions formes, ceci suggérant une bijection entre intelligence & individu, chaque individu pouvant n’avoir qu’une forme d’intelligence. Or, pour moi, l’intelligence est une entité ayant, au moins, huit dimensions. Chacun d’entre nous manifeste plus ou moins une intelligence verbale, logique, classificatoire, spatiale, musicale (même moi !), corporelle, interpersonnelle & personnelle. Lorsque je regarde mon fonctionnement, cela me paraît évident & je doute être une exception. Seule manque la fameuse intelligence du portefeuille !
  • 2 Musil écrit : Car l’habitant d’un pays a toujours au moins neuf caractères : un caractère professionnel, un caractère de classe, un caractère sexuel, un caractère national, un caractère politique, un caractère géo­graphique, un caractère conscient, un inconscient, & peut-être encore un caractère privé ; il les réunit dans sa personne, mais s’en trouve dissocié, & n’est plus finalement qu’un petit vallon creusé par cette multitude de cours d’eau […] C’est pourquoi tout habitant de la terre possède encore un dixième caractère, qui n’est rien d’autre que l’imagination passive d’espaces non encore remplis; ce caractère donne à l’homme toutes les libertés sauf une : celle de prendre au sérieux ce que font les autres caractères […], & ce qui leur arrive ; donc, en d’autres termes, la seule liberté, précisément, qui pourrait remplir cet espace. [L'Homme sans qualités T1 p.39].
  • 3 Les neuf premières motivations proviennent d’une page internet, elles sont prioritaires dans le monde du travail ; j’en ai ajouté deux autres qui me semblent essentielles pour un individu.
  • 4 Cette valorisation est recherchée par la plupart des joueurs, elle est obtenue grâce à un système d’évaluation s’inspirant du système ELO en vigueur pour le jeu d’échecs. Mais d’une part, un presque toujours jouer des parties sans évaluation & d’autre part, ces évaluations varient d’un site à l’autre, puis qu’elles établissent un classement des joueurs du site uniquement ! & d’un jeu à l’autre, puisque si presque tous les adhérents pratiquent plusieurs jeux, il en est certains dans lesquels ils s’investissent beaucoup & d’autres, moins.
  • 5 Pour beaucoup de jeux, on peut trouver sur Internet, l’explication des tactiques & des stratégies à employer dans un jeu donné. Ce n’est parce que vous aurez lu ces informations que vous arriverez à les mettre en pratique efficacement. Auparavant, il vous faudra apprendre à lire le jeu, c’est-à-dire à comprendre les menaces qui vous guettent & vos possibilités offensives & défensives, avant de commencer à analyser la situation. Vous savez que vous y êtes arrivé quand les pièces, les pions ou les plaques, ne sont plus des objets isolés, mais forment un tout : la partie !
  • 6 Tous ces jeux ont une philosophie. Tant qu’on ne l’a pas comprise, on utilise les pièces un peu au hasard. Quand on commence à la comprendre, le jeu prend un intérêt extraordinaire ! Ce n’est qu’à partir de ce moment-là qu’on peut prendre du plaisir à jouer, parce qu’on commence à bien jouer ! Cette compréhension peut survenir à près quelques parties ou après quelques centaines de parties, selon les jeux !
  • 7 Quand on commence l’apprentissage de nouveaux jeux, les défaites sont plus nombreuses que les victoires, cela peut augmenter notablement le nombre de défaites sur une courte période !
  • 8 J’ai même cru comprendre que certains ne s’en privaient pas !
Par Michel
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Dimanche 15 mai 2011

Les jeux & nous (3/4)

Reprise

Quand je me suis lancé dans l’aventure de ce blog, je savais que j’aurais du mal à publier des articles régulièrement. Je ne pensais que je pourrais rester un mois sans en publier.

Il faut bien l’admettre, cela risque de se reproduire. Après tout un blog n’implique aucune obligation de périodicité. Des interruptions s’imposent parfois, quel que puisse en être le motif.

Pourtant, les quatre articles, sur les jeux & nous, étaient écrits avant la publication du premier. Mais la saturation ressentie dépassait le cadre du blog, j’ai également arrêté de jouer, perdant, ainsi, plus d’une quarantaine de parties.

Le facteur déclenchant est presque toujours une maladie bénigne, mais qui m’empêche de me connecter à internet pendant deux ou trois jours d’affilés en m’en enlevant le goût. Quand j’ai besoin de me ressourcer, seules la dégustation de pâtes, aux repas1, & la lecture, en dehors des repas, s’avèrent efficaces, jointes au visionnement de DVD & à l’écoute de CD. J’ai beaucoup lu durant ce laps ! J’ai, également, beaucoup réfléchi à la tenu du blog & de mes deux sites, le personnel & le professionnel.

Je vais à l’avenir :

  • orienter le blog vers l’écologie politique, afin de montrer l’inanité du concept de développement durable, afin d’expliquer en quoi la décroissance n’est ni un choix de vie, ni une panacée ;
  • employer le site professionnel afin d’éditer sous forme de livres électroniques mes supports de cours & mes essais ;
  • & réserver à mes loisirs, cuisine, lectures, jeux de réflexion abstraits, mon site personnel.

Mais, dés aujourd’hui, je vais reprendre ma série sur les jeux.

~*~

Nous & les jeux

Les jeux sont considérés, en France comme une occupation futile ou puérile ! Assez curieusement celle consistant à regarder la télévision n’est pas considérée comme telle, alors qu’elle l’est bien plus ! C’est, donc, que d’autres phénomènes expliquent ce jugement hâtif.

  • Le premier de ces phénomènes est la pauvreté de notre vocabulaire, nous n’avons qu’un verbe pour présenter l’activité d’un instrumentiste, d’un acteur, d’un parieur, d’un sportif, d’un joueur de jeu de réflexion ; mais aussi les activités enfantines ou le flottement de pièces mécaniques mal ajustées. Cela facilite les confusions & les amalgames. Alors que, afin de les éviter, il suffirait de dire qu’un acteur acte, qu’un musicien musique, un sportif sporte 2 ; mais il faudrait employer deux mots pour les joueurs, ceux jouant pour l’argent flambent, & les autres jouent.
  • Le second élément s’avère le fléau des jeux vidéo. Non encadrés, dans une famille saine d’esprit & de corps, ils accélèrent la désocialisation de leurs pratiquants que la télévision commence & que la démission des parents achève. Si l’enfant vit dans une famille aisée, cette désocialisation masquée n’apparaîtra qu’à l’âge adulte par l’adhésion au libéralisme imbécile & des comportements délinquants ou criminels décomplexés. S’il vit dans un milieu défavorisé, cette désocialisation flagrante se développera dans des bandes, avec d’autres désocialisés 3.
  • La peur du ridicule s’avère être le troisième. Il y a quelques années, adhérent aux deux ludothèques municipales du village où je réside en semaine, j’ai pu constater que le public fréquentant ces lieux était composé à 90 % de parents avec des enfants de moins de 10 ans, & pour le reste d’adolescents. J’étais le seul adulte sans enfant ! Lors des soirées jeux organisées mensuellement, une des peurs affichée par les parents, renforcée chez les parents d’adolescents, était de perdre devant leurs enfants ! En d’autres termes, malgré une très forte envie de jouer, ils préféraient se contenter de regarder, plutôt que de voir leur prestige parental baisser.
  • Le dernier est l’assimilation du jeu à un amusement qui permet de garder les enfants calmes ; en pratique, beaucoup d’adultes ne jouent qu’avec des enfants, soit parce qu’ils n’ont rien de plus intéressant à faire, soit parce que le jeu est un outil éducatif. Pourtant les mêmes adultes, n’hésitent pas à s’investir dans la pratique sportive ou artistique de leurs enfants ; il est valorisant de dire que son enfant réussi dans tel sport ou dans tel art, ce ne l’est pas de le dire pour un jeu de stratégie abstrait. Or, les jeux ne sont pas des amusements : comme tous les outils, ils s’emploient différemment selon les personnes. Un marteau permet aussi bien d’enfoncer un clou que de défoncer un crâne ! J’ai vu une joueuse de bandit manchot sur Internet, taper, pendant la demi-heure que dura notre conversation, toutes les 30 secondes, sur la même touche de son clavier, dans l’espoir de gagner le jackpot, sans s’amuser un seul instant, ni loucher pour me regarder, tout en fixant un œil sur l’écran ! De façon générale j’ai le sentiment que les flambeurs s’amusent rarement, même quand ils gagnent !

~*~

J’ai horreur de jouer avec des gens qui veulent s’amuser, parce qu’ils ne sont pas sérieux alors que, pour moi, le jeu l’est 4. Bien que je ne sois pas un flambeur, car j’ai horreur des jeux de hasard, jouer ne m’amuse pas ! Pourtant, je ne peux vivre sans jouer : les jeux m’intéressant, les jeux de réflexions abstraits & les casse-tête, sont un des axes vitaux, avec la préparation & la dégustation de mets, l’humour, l’écriture, la formation & ce que j’appelle les activités passives : lecture, visionnement de DVD, écoute de CD. En fait, tout m’amuse & rien ne m’amuse ! Au sens premier, toutes les activités citées me permettent de passer le temps agréablement ; au sens second, aucune ne m’égaie, peut-être parce que même malheureux j’arrive à rire de mon malheur, mais mon humour est cet humour sérieux caractéristique des pinces-sans-rire & des humours allaisien & dacquien 5, comme des humours anglais & allemand. Il me permet de rire, de sourire & de fourire, très souvent, mais ne m’amuse pas !

La pratique des jeux de société réflexifs 6 & la résolution de casse-tête s’avèrent une nécessité de mon fonctionnement cérébral. Comme Sherlock Holmes, si mon cerveau ne fonctionne pas à plein régime, je sombre dans la dépression, risquant de sombrer dans la drogue (alcool, tabac ou pire) !

Bien entendu mon asociabilité assumée ne pose pas de problème pour les casse-tête 7, mais elle en est un pour la pratique de jeux qui supposent un opposant. Internet se trouve donc, être un média ludique extraordinaire pour trois raisons :

  • la plupart des jeux m’intéressant ont peu de pratiquants 8 & quand il existe des clubs, dans l’agglomération grenobloise, ils se réunissent généralement le soir, quand les transports en commun s’arrêtent ;
  • il m’a fallu l’admettre : je possède un cerveau lent 9, en clair, le temps qui m’est nécessaire avant de jouer un coup exaspère des partenaires dont ni la politesse, ni la maîtrise de soi ne semblent être des qualités premières ;
  • de plus, dans les clubs, les joueurs sont unanimement des monomaniaques : ils ne pratiquent qu’un seul jeu & ne voient pas l’intérêt d’essayer des variantes, alors qu’ils ne maîtrisent pas parfaitement la règle de base ; or, je suis un joueur multimaniaque : je pratique plus ou moins assidûment plus de 24 jeux, avec ou sans variante.

Or, il existe sur internet trois systèmes permettant de jouer sans une contrainte de temps forte : le jeu contre des robots, le jeu par courriel (délai 1 à 7 jours) & le jeu tour par tour (délai entre 24 & 96 heures).

  • Dans le premier, le serveur simule des salles de jeux contenant chacune une table, dédiée à un jeu. Une fois choisis la salle & le jeu, on joue soit contre le premier adversaire humain qui se présente, soit contre un programme appelé robot 10, plus ou moins fort, ce qui est idéal pour apprendre à jouer, comme sur le site http://www.boardspace.net/french/index.shtml où l’on peut trouver presque tous les jeux m’intéressant.
  • Dans le second, tout se passe en mode texte, chaque joueur écrit son coup à l’aide du système de notation employé pour archiver les parties ou écrire les problèmes. À la réception de l’e-mail contenant notre coup dans le sujet, l’adversaire renvoie un courriel avec son coup, etc. Ce mode-là ne me convient pas, bien qu’il existe un formidable serveur Richard’s PBEM Server (http://www.gamerz.net/pbmserv/), tenu par l’américain Richard Rognlie, qui propose de jouer à plus de 240 jeux dont au moins 200 jeux de réflexions abstraits &, en particuliers, tous ceux que je pratique. Ce serveur, gratuit, c’est un de ses attraits, attire les meilleurs joueurs multimaniaques de la planète.
  • Dans le troisième, tout se passe en mode graphique de façon plus ou moins conviviale selon les serveurs 11, mais les adhérents sont, majoritairement, des adeptes de jeux de hasard raisonné comme le backgammon, les dominos, les jeux de lettres ou les jeux de cartes. C’est le mode qui me convient parfaitement, bien qu’aucun serveur ne présente la totalité des mes jeux favoris !

~*~

1 Je suis convaincu que des perfusions de pâtes permettraient de redynamiser en moins d’une journée, mais notre médecine sophistiquée est incapable d’en fournir ! Une alternance de linguines à la sicilienne, de spaghettis bolognaises, de farfales sautées avec de l’ail, de l’oignon & du persil, de lasagnes à ma façon & de cannellonis aux fruits de mer devrait y arriver en moins de deux heures !

  • 2 Il peut très bien sporter & se porter mal s’il outrepasse ses forces ou s’il recourt à des produits dopants.
  • 3 Ces deux phrases ressemblent à des propos de café de commerce ! Elles en sont ! Je n’ai aucune étude ni observation pour corroborer ces assertions, uniquement la lecture de faits divers sur les sites www.20minutes.fr, www.lemonde.fr, www.rue89.com & dans la revue Marianne.
  • 4 Toujours sérieux, même si toujours prêt à rire & à faire rire, en plus taciturne, je dois, parfois, passer pour un parfait raseur !
  • 5 Alphonse Allais & Pierre Dac sont les deux humoristes qui m’ont le plus influencé, au point que, avant de rejeter le cadre d’analyse marxiste, pour cause d’idéalisme & de simplisme, je me prétendais marxiste loufoque ! Depuis j’ai renforcé leur équipe, d’un troisième humoriste génial : Jacques Offenbach !
  • 6 Ce sont ceux de société nécessitant une réflexion ; ils peuvent être classés en :
  • jeux de réflexions abstraits, ceux qui comme les échecs, les dames, Abalone * ou Othello font appel à un support sans rapport avec la réalité ;
  • jeux de stratégie réalistes, ceux ayant un rapport plus ou moins éloigné avec des situations réelles comme le Lièvre & la Tortue, etc. ;
  • jeux de hasard raisonné, comme le bridge, backgammon, le pachisi (jeu dont découle notre jeu des « petits chevaux », les jeux de dominos, le Monopoly, où le hasard tient un rôle, que le raisonnement peut limiter, ou même éliminer ;
  • jeux de simulation comme les Sim’s ;
  • jeux de rôles comme Dongeon of Dragons.
  • * Toutes les marques citées, & il va y en avoir un certain nombre dans la suite, sont la propriété de leurs propriétaires !
  • 7 Ils sont aujourd’hui de cinq sortes : les casse-tête à clé, pour lesquels il n’existe qu’une méthode de résolution ; les taquins (dont les casse-tête de Mr Rubik), les jeux de lettres & de chiffres (mots-croisés, sudoku, etc.), les puzzles & les casse-tête informatiques (Set, Crazy Circus, Démineur, Sokoban, GoldRunner, Mr Matt, The Incredible Machine, etc.)
  • 8 Il doit y avoir moins de 20 joueurs de Trax en France. Ainsi le club d’Othello de Grenoble comptait, il y a 3 ans, 3 joueurs monomaniaques seulement, ce qui n’incite pas à y adhérer, si on aime la variété ; alors que sur Internet on trouve plus de 300 joueurs multimaniaques ! Ce n’est pas que je considère les multimaniaques comme supérieurs aux monomaniaques, mais avec les premiers je peux varier les jeux & pas avec les derniers.
  • 9 C’est probablement pour cette raison que je plane si souvent !
  • 10 Comme pour le joueur humain, le temps est décompté, mais le robot ne s’impatiente jamais ! C’est un des attraits du jeu contre un programme. Le problème est que les robots excellent dans certains jeux & ne comprennent rien à d’autres. En effet, il s’agit de programmes conçus pour être performants avec certains types de jeux & pas avec d’autres. L’idéal, pour débuter, étant que le programme sache jouer, & pas seulement appliquer stupidement les règles, sans exceller !
  • 11 Ils sont, généralement, payants, mais tous incluent un mode jeu gratuit, avec un nombre de parties simultanées trop limité (20 maximum) &, souvent, des restrictions sur les jeux & les services accessibles.
Par Michel
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Jeudi 14 avril 2011

Les jeux & nous (2/4)

Les jeux

À l’origine du jeu, il y a deux nécessités qui ne sont pas spécifiquement humaines :

  • le besoin des enfants d’assimiler les comportements des adultes par imitation ;
  • le besoin d’occuper son organisme une fois les besoins physiologiques satisfaits.

Le premier est, unanimement accepté, il a été soigneusement étudié, le jeu étant un fabuleux accélérateur d’apprentissage. Le nombre de jeux éducatif explose, tant est grande la volonté des parents de stimuler l’intelligence de leurs enfants, même si c’est complètement inutile comme le pense l’économiste Steven Livett 1 !

C’est ce second besoin qui origine le jeu chez l’adulte humain. Il y a trois façons de passer son temps, une valorisante & deux gratuites. Par valorisante, j’entends, améliorant notre conception du monde & la place privilégiée que nous souhaitons y occuper ; par gratuite, n’entraînant aucun changement à ce niveau là ou, seulement, une amélioration intérieure inextériorisable.

Ces moyens, les loisirs consommationistes 2, les activités non-consomma­tionistes, la rêverie, peuvent employer les mêmes médias.

Exemple : lire un livre que l’on vient d’acheter, ou que l’on en a emprunté en bibliothèque, relève du consommationisme : vous avez dépensé de l’argent directement (prix du livre) ou indirectement (coût du transport, adhésion à la bibliothèque) ; relire un livre que vous avez dans votre bibliothèque, ne coûte rien, rêver, après la lecture d’une page merveilleusement évocatrice, ne coûte pas plus cher !

Les sports, le jardinage, le bricolage, l’élevage, & la plupart des loisirs, créatifs ou passifs, sont consommationistes. Pour être non-consommationiste3, une occupation doit s’appuyer sur une consommation minimale & sur la répétition, elle doit être peu destructrice. C’est aussi le cas de l’activité culturelle au sens où je la comprends. Je le rappelle, se cultiver ce n’est étendre ses seulement connaissances, c’est, aussi, travailler ces informations, afin de mieux les comprendre, de mieux les interconnecter avec d’autres de façon à ce qu’elles ne soient pas seulement de la peinture sur soi, bref un vernis, mais une partie intégrante de soi. Cependant, une activité culturelle peut participer du consommationiste !

Exemple : regarder la télévision coûte d’une part l’amortissement de votre récepteur, l’électricité & d’autre part, la rémunération de votre fournisseur d’émission & les coûts de celles-ci. Écrire coûte également, il faut un instrument d’écriture & un support ; si vous utilisez une plume d’oie, de l’encre & un cahier, le coût est minime, on peut considérer qu’il s’agit de non-consommationisme, mais si, comme moi, vous employez un ordinateur ou pire un téléphone intelligent (smartphone), il s’agit de consommationisme, car le coût s’avère élevé 4 !

Le jeu peut être une activité professionnelle, ce n’est pas ce qui nous intéresse ici. Comme toutes les activités de loisirs, il fait l’objet de pratiques consommationistes ou non.

Il existe différentes sortes de jeux, toutes ont, au départ, deux points communs, des règles & la gratuité de l’acte. Ceux qui m’intéressent en tant que joueurs, & en tant qu’observateur sont ceux ne nécessitant aucune habileté physique5. On classe ces derniers en cinq catégories :

  1. les jeux de réflexion, sans hasard, à information complète (échecs, Trax®) ;
  2. les jeux de réflexion sans hasard, à information incomplète (bataille navale, Stratégo®) ;
  3. les jeux de réflexion, avec hasard, à information complète (backgammon, Les aventuriers du rail®) ;
  4. les jeux de réflexion, avec hasard, à information incomplète (bridge, Tantrix®) ;
  5. les jeux de pur hasard (jeu de l’oie).

Les jeux cités ne sont que des exemples, le premier étant un des plus connus, le seconds, mon préféré.

Je m’intéresse également aux jeux en solitaire : casse-têtes, puzzles, mots-croisés & autres jeux de lettres.

Il m’arrive parfois de pratiquer des jeux que l’on dit d’ambiance, comme le jeu du chapeau (Times’Up® en est la version commerciale), le huit américain (Uno®), Trivial Poursuit®, Contrario®, etc. Mais j’en casse, le plus souvent l’ambiance, pour une raison que j’expliquerai plus tard.

Ayant, le hasard en horreur, je ne pratique, régulièrement, que ceux de la première catégorie, plus rarement, ceux des deuxième & troisième, très exceptionnellement, ceux de la quatrième & jamais ceux de la cinquième.

Ces définitions achevées, il est maintenant possible d’aborder le sujet.

~*~

  • 1 Dans le livre « Freakonomics », co-écrit avec un journaliste, il soutient, à partir d’analyses statistiques que le fait que les parents s’occupent beaucoup ou peu de leurs enfants n’a aucune influence sur le devenir de ceux-ci. Autant son analyse, montrant que la légalisation de l’avortement à New-York a plus fait baisser de la criminalité que la politique de tolérance zéro, repose sur des faits constatables, celle sur l’éducation se base, semble-t-il, sur une interprétation oiseuse de certains faits & sur l’ignorance d’autres.
  • 2 On appelle consommationisme l’ensemble de règles de vie dominant dans notre société. Cet ensemble organisé, qui ne survit que parce qu’il dissimule son existence, célèbre en permanence le culte de l’autosatisfaction, une composante essentielle du soi-mêmisme *. Il vise à assurer une croissance constante de la consommation en suscitant des besoins et des désirs nouveaux chez le consommateur & en affectant les marchandises & les services de symboles qui en en augmentant la valeur et la demande permettront leur survalorisation. Il nécessite pour se perpétuer de détruire les liens collectifs afin de n’avoir que des consommateurs individuels ne réfléchissant pas trop.

    * Les marxistes vous le diront, le système (un ensemble organisé est un système) consommationisme s’avère la condition de la survie du système capitaliste financier ; le soi-mêmisme, qui limite la réflexion & qui incite à suivre ses penchants, est le sous-ensemble central du consommationisme ; s’il s’écroule, tout le système s’effondre, car la consommation baissera spectaculairement ! On l’a vu à propos des retraites : la contestation n’a porté que sur les thèmes prévus par les conseillers de Sarkozy. Aucune des cinq centrales syndicales agréées n’a réfléchi sérieusement au problème, parce que toutes sont dans une logique consommationiste électoraliste.

  • En outre, vivant dans une société, même en essayant de la changer, nous sommes biens obligés de faire avec ! Un exemple de composition, avec le système : la gélatine. C’est un produit d’origine animale, irremplaçable, employé énormément dans l’alimentaire, sans elle ni produits allégés ni bonbons, & dans la santé, sans elle, plus de gélules. Un végétalien renoncera aux médicaments de la médecine moderne, préférant mourir plutôt que d’y recourir, ce n’est, donc, pas un problème ! En revanche, cela devrait poser un problème pour les juifs & les musulmans, car 40 % de la gélatine provient de peaux de porcs, le reste, de bovins & de poissons. Cette information est connue depuis, au moins 1980, &, bien qu’il n’existe de gélules ni casher ni halal, les pratiquants de ces deux religions n’en sont pas traumatisés pour autant. À leur décharge, la couenne de porc n’est pas de la chair !
  • 3 Les choses ne sont jamais simples : ainsi, le bricoleur cherche, souvent, à éviter de payer un artisan, mais pour se faire, il doit acheter des outils & du matériel, se rendre dans une grande surface spécialisée, peut-être acheter des revues ou des livres afin d’apprendre, etc.
  • 4 Excepté pour les ascètes, ou les masochistes, adeptes de la simplicité volontaire *, je pense impossible de ne pas avoir une activité renforçant le consommationisme. Certes acquérir un téléphone intelligent, avec l’abonnement idoine, peut relever d’un choix rationnel, ainsi, dans mon cas, ce choix semblait le seul moyen d’enrayer la croissance d’une distraction catastrophique. Ça l’est effectivement ! Néanmoins, même si je n’ai pas acheté un iPhone® du spécialiste de l’inutile snob, je participe, ainsi, à la propagation de cet instrument agréable, mais absolument inutile, pour 99,99 % de mes contemporains.

    * La simplicité volontaire ou sobriété heureuse (Quand on regarde ses adeptes, on se rend compte qu’il s’agit d’un bonheur plutôt tristounet ! La lecture du Canard enchaîné me fait rire & sourire, celle de La Décroissance, qui se prétend Le journal de la joie de vivre, me donne l’impression d’un concentré de haine d’aigris & d’envieux masochistes !) est un mode de vie consistant à réduire volontairement sa consommation, ainsi que les impacts de cette dernière, en vue de mener une vie plus centrée sur des valeurs dites essentielles, vie de famille, jardinage, bricolage, vie spirituelle . Brrr !

  • 5 Les seuls jeux nécessitant un minimum d’habileté physique, que je pratique occasion­nellement, sont les boules & le bilboquet ! Les personnes ayant l’esprit mal tourné sont priées de se taire ! Ce n’est pas par mépris, mais parce que ces jeux demandent, généralement, de faire deux choses que j’apprécie peu : se fatiguer & transpirer d’une part & se salir les mains d’autre part.
Par Michel
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Lundi 04 avril 2011

Les jeux & nous (1/4)



Introduction

Vivant, le plus souvent, seul, sans télévision, ni voiture, ne pratiquant pas de sport & ne courant pas la gueuse, on me demande systématiquement, si je ne m’ennuie pas ! Quand j’explique lire beaucoup, tout baigne, regarder des dévédés, cela va encore, écouter de la musique, cuisiner ou écrire, ça convient toujours, mais, dés que je dis jouer beaucoup excepté aux échecs & au bridge, j’ai droit à des sourires de commisération signifiant « Comme il doit s’ennuyer, pour en être réduit à jouer comme un enfant, à plus de 50 ans ! »

Deux problématiques apparaissent dans le paragraphe précédent : l’occupation du temps & le sérieux du jeu. La première ne sera que brièvement évoquée, la traiter correctement demanderait une thèse ; la seconde peut s’aborder dans le cadre concis de l’article de blog. Mais auparavant, il faut préciser ce dont on parle.

~*~

Définitions

Ces définitions proviennent toutes du TLFI ou de Wikipédia.

  • Temps : c’est un concept difficile à définit le TLFI le présente comme un « Milieu indéfini et homogène dans lequel se situent les êtres et les choses et qui est caractérisé par sa double nature, à la fois continuité et succession. ». Si l’on réfléchit un peu, seul le présent existe ! Le passé est une reconstruction permanente d’évènements survenus, à l’aide de notre mémoire & avec le support d’objets divers. Le futur nous le construisons à chaque instant, mais il nous est inconnu, cette méconnaissance provoquant une immense frustration, providence de tous les charlatans. C’est la raison de l’impossibilité du voyage dans le temps 1.

Deux conceptions du temps qui passe coexistent : active, je me rapproche de l’échéance ou passive, l’échéance se rapproche de moi ; je construis l’avenir ou l’avenir déjà préexistant 2 arrive ! Tout comme deux moyens de passer le temps coexistent : un actif, s’occuper, l’autre passif, rêvasser ou paresser.

Pour survivre, il nous a fallu mesurer ce temps, de plus en plus précisément, cela a envahi notre vie, cernant notre travail comme nos loisirs. Cela explique le relâchement des vacances & celui du chômage dont il est un des principaux dangers. La réadaptation au carcan temporel est rude, pour ceux qui se relaxent trop, après trois semaines de congés, & plus encore après plusieurs mois de chômage ! Même, quand, sans se détendre, faute de tension, nous adoptons, seulement, un cadre de contraintes nous convenant mieux le retour se révèle rude.

L’utilisation de notre temps s’avère le plus gros problème que nous devions gérer, une fois résolus ceux de survie !

  • Jeu : une activité de loisirs d’ordre physique ou bien psychique, soumise à des règles conventionnelles, à laquelle on s’adonne pour se divertir, tirer du plaisir & de l’amusement.
  • Loisir : une activité que l’on effectue durant le temps dont on peut disposer en dehors de ses occupations habituelles (emploi, gestion de la maison, éducation des enfants…) & des contraintes qu’elles imposent (transports par exemple), un temps usuellement consacré à des activités essentiellement non productives d’un point de vue macro-économique, & souvent ludiques ou culturelles : bricolage, jardinage, sports, divertissements.

Lors de sa première session, à Washington, la Conférence internationale du travail, devenue depuis l’ILO (BIT), considérait que tous les travailleurs doivent disposer, « [… ] outre les heures de sommeil nécessaires, un temps suffisant pour faire ce qui leur plaît, ainsi que l’indique exactement l’étymologie du mot “loisirs”. » On le qualifie également de temps libre, soit un temps usuellement consacré à des activités essentiellement non productives d’un point de vue macro-économique, & souvent ludiques ou culturelles : bricolage, jardinage, sports, divertissements… Ce qui a entraîné par suite un glissement sémantique du terme loisir (temps libre) vers celui de loisirs.

  • Loisirs : ce sont la conversation, les sports, le jardinage, le bricolage & les divertissements.
  • Sport : ensemble d’exercices, le plus souvent physiques, se pratiquant sous forme de jeux individuels ou collectifs pouvant donner lieu à des compétitions 3, tout comme il peut exister des compétitions non sportives.
  • Bricolage : un des loisirs regroupant les occupations exercées hors du cadre professionnel en tant qu’amateur & liées à la création, l’amélioration, la réparation & l’entretien de toutes choses matérielles.
  • Jardinage : un autre des loisirs étant la pratique, & parfois l’art, de semer, planter, maintenir des végétaux composant un jardin dans des conditions idéales pour leur développement, pour des raisons esthétiques ou alimentaires.
  • Un loisir jamais cité s’avère l’élevage amateur : il a deux buts possibles : la nourriture ou le compagnonnage. Un des signes les plus inquiétants de la déliquescence des mœurs se révélant le développement de ce dernier 4 : il n’est pas sain de préférer la compagnie d’un animal, si intelligent & si attachant soit-il, à celle de ses semblables, si cons soient-ils ! assumer sa solitude me semble beaucoup plus sain, mais, n’étant ni psychiatre ni psychologue, je ne peux ériger mes propres comportements en normes universelles.

Conversation : dialogues, multi-logues ou pluri-monologues aux sujets variés. Le monologue intérieur permet de converser seul !

Divertissement : activité qui permet aux hommes d’occuper leur temps libre en s’amusant 5 & de se détourner ainsi de leurs préoccupations. Le divertissement est mal vu, à l’origine, & aujourd’hui encore, pour les croyants fervents, il détourne de l’essentiel, assurer son salut post-mortem, seule préoccupation importante ! Dans notre société, le mot à deux sens, un positif, se détourner du travail, en consommant des produits de divertissement (livres, disques, dévédés, spectacles, sports, loisirs créatifs, etc.), un négatif, se détourner de notre préoccupation essentielle, consommer, pour se cultiver, s’amuser ou, simplement, passer le temps sans dépenser !

Sérieux : pour ne pas passer pour un zozo, nous devons pratiquer des activités sérieuses, c’est-à-dire qui nous apporte quelque chose de tangible, le jeu est futile, le sport est sérieux ! Bien que rien ne soit plus futile que de taper sur une balle, pour aller la chercher ensuite, ou pour qu’un autre nous la renvoie, parce qu’il n’en veut pas ou que 9, 13, 21 ou 29 autres vont essayer d’envoyer dans un filet, dans un panier ou derrière une ligne, pour recommencer ensuite ! On peut encore comprendre les participants, mais les spectateurs ! Or pratiquement tous considèrent cela comme une activité sérieuse & les jeux de réflexions comme des activités puériles !

Bref, nous percevons le jeu des adultes comme un divertissement infantile qui s’avère positif ou négatif &, parfois, les deux, nous y reviendrons !

~*~

  • 1 Certains physiciens en discutent, car le problème n’est pas simple, dans l’absolu. Mon problème n’est pas de savoir si cette assertion s’avère dans l’absolu, mais si sa véracité, aussi probable qu’expérimentale, m’aide à agir sur mon environnement, afin de construire un futur, qui convienne mieux, & pas seulement pour moi, que celui que des apprentis sorciers imbéciles nous préparent. La réponse étant affirmative, je la tiens pour absolument vraie !
  • 2 C’est la base de la divination, en général, & de l’astrologie, en particulier, outre le substrat pseudo-scientifique déjà démoli dans mes livres (accessibles sur www.scifo.fr), j’ai du mal à concevoir que l’avenir puisse être écrit quelque part ! Comment imaginer la quantité d’encre, le nombre de pages, la taille d’un livre qui contiendrait la vie de tous les hommes depuis l’apparition des premiers, jusqu’à l’extinction de l’espèce !
  • 3 L’esprit de compétition envahit, dit-on, notre société ! La compétition est un moyen de sublimer le besoin de dominance, une des forces du capitalisme s’avère la rentabilisation de ce besoin !
  • 4 Avec la propension à préférer la console de jeux ou l’intelliphone aux relations individuelles. Quand on écoute les échanges entre ados, dans le bus ou aux arrêts de bus, on ne peut qu’être frappé par la pauvreté de ces échanges, tant dans la forme que dans le contenu. Cela me frappait moins durant mon adolescence, car mes quelques relations étaient plus intelligentes & plus cultivées que la moyenne (je ne l’ai réalisé que plus tard), mais je ne pense pas que cela ait beaucoup changé en quarante ans.
  • 5 Les mots « amusement » & « divertissement » sont synonymes, mais le premier insiste plus que le second sur le plaisir procuré par l’activité.
Par Michel
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Jeudi 31 mars 2011

Alternative & éveilleurs (2/2)

Un peu de retard dans la publication de cet article, en raison d’un petit problème de santé !

Les cantonales, leur résultat & les commentaires délirants s’y rapportant montrent la justesse de mes analyses.

Les convergences

La première repose l’adoption d’un idéal républicain souhaitant plus de rationalité, plus de justice, plus de solidarité, bref plus d’humanité dans ce monde. À mon sens, il ne s’agit pas d’une fin en soi, mais du seul moyen d’arriver à limiter les dégâts, car plus j’observe notre situation, plus je suis convaincu que nous allons vivre, dans les prochaines années, une période difficile avec des pénuries aussi irréversibles que problématiques.

Avec JFK, il faut constater l’échec à la fois des solutions libérales exacerbant l’individualisme & des solutions collectivistes. Donc, en tenant compte de la double nature individualiste & sociétale de l’être humain, il nous faut bâtir une nouvelle civilisation. Cette construction sera nécessairement complexe, car il faut :

  • qu’elle permette la cohabitation de croyants & d’incroyants ;
  • qu’elle réduise la délinquance & la criminalité en agissant sur leurs causes & en réprimant leurs auteurs ;
  • qu’elle arrive à créer les conditions d’une décroissance1 ni ascétique ni policière, en préparant la transition de la société du gaspillage à celle du bon usage ;
  • qu’elle nous prépare à ces catastrophes qui s’avèrent inéluctables, si je ne me trompe pas.

Le développement de la solidarité, à tous les niveaux, sera une condition nécessaire de la réussite de cette élaboration. Il faudra que les individualistes, particulièrement les plus riches, réalisent que la solidarité est nécessaire, qu’elle ne se résume pas à la charité, que sa médiatisation est indispensable compte tenu de l’ampleur du chantier. Il faudra que cette médiatisation ne soit plus source de prévarication. Cela s’énonce simplement, mais beaucoup de riches ne comprennent ces propos qu’avec un couteau sur la gorge, ou qu’après le lynchage de quelques-unes de leurs relations. Les difficultés à venir sont énormes ! Il faudra beaucoup d’intelligences & de bonnes volontés pour les surmonter !

Seules des actions nationales pourront le permettre malgré le mépris des riches pour leur pays natal, comme pour leur pays de résidence. L’un & l’autre ne les intéressent que tant qu’ils épargnent leurs intérêts égoïstes !

Il faudra également réguler les flux migratoires qui vont s’intensifier avec les pénuries !

~*~

Le développement des solidarités

La solidarité se révèle la clef du succès de notre espèce. Aujourd’hui, partout où les sociétés traditionnelles ont disparu ou régressé, nous sommes confrontés à un problème nouveau la disparition de la solidarité viscérale & son remplacement par des appels ponctuels à la charité : d’une part l’idéologie libérale nous répète que les pauvres le sont parce qu’ils le veulent bien ou parce que Dieu le veut, d’autre part, toute somme affectée à la solidarité empêche de consommer2, enfin, nous ne savons plus rien de ceux que nous secourons. C’est une des raisons du succès des réseaux d’entraide qui permettent de recréer un lien entre les aidés & les aidants.

Les ultrariches américains ont, depuis peu, pris conscience de la nécessité d’aider les pauvres3, mais avec une conception biaisée de la charité : ils refusent qu’elle soit institutionnelle, afin d’en garder le contrôle ; ils la veulent rentable à terme : ainsi Bill Gates & sa fondation aident les paysans du Tiers-Monde à acquérir des OGM Monsanto & des technologies américaines, qui, tout les en sauvant de la famine, à court terme, détruiront les écosystèmes locaux & rendront irréversible la dépendance des aidés.

Ce développement des solidarités se fera contre eux ou avec eux. Contre eux, nous trouverons dans un schéma de révolution-rupture qui n’aboutit généralement qu’à un renouvellement accéléré des élites. Avec eux, nous entrerons dans un schéma de révolution-recomposition du système qui pourrait aboutir.

Mais les ultrariches & les riches ne sont pas seuls en cause : les pauvres aussi devront être plus solidaires, non pas financièrement, mais activement, en refusant de consommer les produits fabriqués dans des conditions de production au rabais, en s’entraidant systématiquement (covoiturage, contacts avec les voisins4, civisme intelligent).

La plus grande difficulté viendra des politiciens : ils devront faire preuve d’intelligence & de courage !

Mais dans tous les cas, il faudra des actions nationales pour initier ce développement.

~*~

Les actions nationales

Si l’on attend que l’Union Européenne ou l’ONU se saisissent du problème, il sera trop tard. Ce sont, donc, des actions nationales qui impulseront ce mouvement, mais il ne pourra pas aboutir si des citoyens d’autres pays ne s’y mettent aussi, seul un mouvement international d’envergure peut changer la situation. L’une de ces actions sera le contrôle des flux migratoires. Cette opération est difficile à mener, car, en général, on ne se focalise que sur un aspect du problème, l’arrivée des migrants ; & on oublie de s’occuper des autochtones recherchant des quasi-esclaves pour gagner leur vie : je parle de ces patrons qui profitent de la situation illégale de leurs employés !

Une chose s’avère : il y aura de plus en plus de candidats à l’entrée sur notre territoire & sur ceux de l’Union Européenne. Nous ne pouvons pas en accueillir beaucoup :

  • nos entreprises délocalisent dans les pays à bas coûts salariaux, il y a donc de moins en moins de travail dans notre pays ;
  • de plus, les emplois restants sont bien plus qualifiés que ne le sont les migrants, donc ils vont se retrouver en concurrence avec des personnes ayant déjà du mal à s’en sortir, dont la situation va s’aggraver ;
  • même si nous créons des emplois en reconstruisant des services publics efficaces après cinq ans de destruction sarkozienne, ils ne seront pas pour les migrants, puisque ceux-ci ne maîtrisent pas notre langue.

Enfin dans les actions nationales de solidarité, afin de faciliter l’intégration des nouveaux arrivant & de ceux déjà arrivés, il serait utile d’instituer des cours de français & d’instruction civique (au sens d’apprentissage de nos institutions & de nos lois) & laïque.

Il faudra trouver un moyen de financer ces actions, une taxe sur les mouvements boursiers pourrait y parvenir !

~*~

Cette révolution ne sera possible qu’en dépassant les clivages droite/centre/gauche. Il ne s’agit pas d’une simple union électoraliste. Mais d’un rassemblement visant à changer les rapports humains dans notre société. S’il est centriste c’est parce que l’humain sera au centre de ses préoccupations, pas parce qu’il est un tampon récusant les valeurs de droite & de gauche, mais parce que nous avons constaté grâce au référendum de 2005, une possible cohabitation autour d’une volonté de défense des intérêts nationaux, de sensibilités allant de certains gauchistes à certains gaullistes. À condition d’être pragmatique & d’éviter les positions religieuses sur des sujets qui fâchent comme le nucléaire, dont nous ne pourrons pas sortir en moins de 25 ans & sans qui nous serions mal, aujourd’hui, ou comme l’euro qui semble plus proche d’une erreur historique à abandonner que d’une réussite économique, etc. Il nous faut, pour chaque sujet, de discorde ou de concorde, être pragmatiques & évaluer les coûts & les avantages, réels ou fantasmatiques !

Si la plupart des mesures proposées par JFK semblent acceptables par une majorité, il n’est rien dit sur les moyens de la transition : croyez vous Mrs Lagardère, Bouygues & Pinaud, entre autres, laisseront remettre en cause leur pouvoir, sans réagir ! Or, rien n’est dit sur ce point !

Les éveilleurs ont, encore, du travail en perspective.

~*~

Les éveilleurs

Ces trois textes ont suscité chacun moins de réactions qu’un fait divers croustillant & surtout des réactions de peu d’interlocuteurs. Pour le reste, silence radio total. Ces idées n’ont été reprises ni dans l’hebdomadaire Marianne, ni ailleurs ! Cela manifeste le principal problème des éveilleurs dans notre société : même en disposant d’une grande notoriété se faire entendre nécessite plus que du talent. De plus, il existe des contradicteurs systématiques critiquant pour le plaisir5, souvent avec une grande mauvaise foi. Entre le bruit médiatique ambiant, la déconsidération des éveilleurs chez les anesthésiés, les critiques bornés, le heurt d’intérêts des gens en place, les éveilleurs n’ont plus qu’une option : nous regarder foncer dans le mur !

Nous avons tellement de sujets d’inquiétude qu’un de plus passe inaperçu, car tout est prétexte à nous effrayer :si le cours de l’euro par rapport au dollar monte, c’est mauvais, s’il baisse c’est encore mauvais, s’il stagne, aussi ! Quel que soit le sujet, il est source d’inquiétude, sauf s’il s’agit de victoires sportives, de nouveaux produits absolument indispensables, ou de soldes !

Depuis le choc pétrolier de 1973, les Cassandres sont toujours plus nombreuses & les catastrophes n’arrivent toujours pas. Or, même si, comme dit l’humoriste, ce n’est pas en remettant toujours au lendemain, la catastrophe que l’on pourrait avoir le jour même que nous l’éviterons, plus personnes ne croit les annonceurs de mauvaises nouvelles, surtout s’ils remettent en cause le rêve consommationiste !

L’usage d’Internet a permis aux critiques bornés de s’exprimer, en élargissant le champ de leurs victimes. Dès qu’un journaliste ou un blogueur émet une opinion contrariant un de ces détenteurs de vérité, c’est l’hallali ! Comme apparemment la vacuité de leur existence leur laisse du temps, ils répondent, toujours bardés de leurs certitudes à toutes les objections qu’ils ne comprennent, généralement pas, jusqu’à ce que leurs interlocuteurs réalisent qu’il ne faut pas s’occuper de leurs interventions ! Il ne leur vient jamais à l’esprit qu’ils puissent avoir tort, qu’en y réfléchissant, il y a probablement des points intéressants dans l’article qu’ils critiquent. Pire, outre des critiques bornés, mais intelligents, d’authentiques cons sévissent, considérant comme une atteinte à leur liberté d’expression toute critique de leur insondable stupidité. Cette affirmation éhontée de la connerie prouve, j’en suis de plus en plus convaincu, la difficulté qu’il va y avoir pour éveiller des individus se complaisant dans cette médiocrité, la quasi-impossibilité d’y arriver !

Les gens en place, qu’ils soient capitalistes, publicitaires, politiciens, universitaires ou travailleurs des médias, ne tiennent pas à changer la donne, à perdre un peu de leur pouvoir, même écologiste, ils réagissent, majoritairement, corporativement afin de défendre leur pré-carré.

N’ayant pas la notoriété de JFK, cet article se limitera à une petite vingtaine de lecteurs, comme ceux qui l’ont précédé & comme ceux qui le suivront, pourtant l’urgence de la situation, nécessiterait que nous soyons un maximum à réagir, car pour l’instant tout ce que nous pouvons faire c’est regarder s’approcher l’échéance & continuer à dénoncer l’aveuglement ou le cynisme d’élites qui comptent bien s’en tirer, elles, de toute façon !

~*~

  • 1 Je ne suis pas un fanatique de la décroissance monacale & viscéralement réactionnaire que présente la revue « La décroissance », mais la croissance infinie, même durable est impossible, dans un monde fini, même un enfant peut le comprendre ! Il nous faut envisager une autre façon de vivre qui impliquera de supprimer tout ce qui nous incite à consommer toujours plus, qui nécessitera de fabriquer des biens solides & utiles, de ne plus produire des biens qui comme les smartphones n’ont, dans 99,9999 % des cas, aucune utilité autre que satisfaire l’ego de leurs possesseurs & nourrir leurs producteurs & leurs vendeurs !
  • La difficulté est d’y arriver sans que ce soit les pauvres qui soient les victimes de cette transition. Je prépare un livre de réflexion sur le sujet !
  • 2 C’est une des raisons du succès des consommations charitables (DVD, CD, menus objets) permettant de consommer, tout en aidant.
  • 3 Les ultrariches français n’ont toujours rien compris ! Si notre droite a la réputation d’être la plus bête du monde, c’est peut-être parce que ses financeurs sont les plus cons du monde !
  • 4 Il ne s’agit pas de chercher à établir à tout prix des relations avec des personnes n’ayant aucun centre d’intérêt commun, mais de mutualiser certaines pratiques, certaines consommations : est-il utile que chaque foyer dispose d’un aspirateur ? que chaque ménage achète six noix muscades, quand il lui faut cinq ans pour en consommer une ? etc.
  • 5 Sur un message comme celui-là l’essentiel ne réside pas dans des propositions de changement qui dans une optique rassembleuse ne peuvent être validées que par un groupe important de citoyens, mais sur le fond : la nécessité d’une réaction rapide & unitaire de tous ceux qui veulent changer cette société absurde ! Là force est de constater que les commentateurs ne sont majoritairement pas tous à la hauteur. La palme revient à celui se présentant comme Elie Arié. Je doute qu’il s’agisse du professeur du même nom, car s’il était membre du Mouvement Républicain & Citoyen, il ne ferait pas l’apologie, très libérale, d’une régulation par le marché, mais celle d’une régulation solidaire !
Par Michel
Cogito ergo sum !
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Jeudi 24 mars 2011

Alternative & éveilleurs (1/2)

L’impasse sociétale1 actuelle, bien que mondiale suscite des enjeux nationaux : pour devenir mondiale, des réactions, des tentatives de sortie de ce cul-de-sac doivent d’abord être nationale.

Dans trois articles intitulés « Pour une alternative – esquisse de réflexion élaborée par le CREEA », parus les 19 & 24 juin & le 2 juillet, sur son blog « Tourner la page », Jean-François Kahn2 proposait une analyse de cette situation ; elle reprenait, indépendamment, une partie des arguments que j’ai développés dans mes essais « Décroissance soutenable & environnementalisme » & « Démocratie & liberté », mais il ne poussait pas son analyse jusqu’au bout. Ce que nous allons essayer de faire !

~*~

Les insuffisances de l’analyse

  1. Ainsi, il disait que beaucoup d’hommes politiques de gauche ont franchi subrepticement la ligne de démarcation droite-gauche. Or dans ces politiciens hypocrites ont compté tous les membres de la direction du PS ; alors que les militants socialistes semblent toujours attachés, profondément , à des valeurs de gauches, pour leurs dirigeants ces valeurs ne sont plus que des mots. Il faut donc qu’il fasse prendre des vessies pour des lanternes à leur base & ils y réussissent parce que l’adhésion partisane relève du religieux plus que du rationnel. De fait le parti socialiste est un parti qui défend des valeurs économiques & sociales libérales, tout en prônant une certaine générosité. Sa devise pourrait être « Il faut continuer à taper sur les pauvres, mais moins forts. Il faut taper un tout petit peu sur les riches pour faire passer la pilule aux pauvres ! »
  2. Ainsi, il se livrait à une reconstruction, assez hallucinante de l’histoire récente.

Ainsi, le néo-libéralisme, n’a rien de néo, comme le dit JFK, mais Tacher & Reagan, en 1979 & en 1980, n’ont été possible que parce que l’enlisement de l’épouvantail soviétique en Afghanistan, rendait probable sa disparition & improbable un soutien massif de velléités révolutionnaires dans deux pays profondément anticommunistes, cela n’a pas empêché la victoire de l’Union de la gauche en 1981. Les rémunérations des patrons des multinationales étaient déjà scandaleuses en 1973 ou 1974. quand en 1983, sauf erreur, Le Canard Enchaîné avait divulgué celle de Calvet, patron de Peugeot, c’était pour l’avoir augmenté de quelques pour cent, dans le temps où il imposait des restrictions à ses salariés & ce que Calvet trouvait indécent était d’informer ceux-ci de son injustifiable rémunération. Un écart de 1 à 24, entre le plus bas & le plus haut salaire dans un pays, me semble amplement suffisant pour valoriser les compétences : cela signifie que les plus hauts salaires gagnent en 1 mois ce que les plus bas gagnent en 2 ans. C’est énorme, puisque dans une société, comme la nôtre ou existe un SMIC relativement décent, il est quasiment impossible de dépenser chaque mois 10 fois plus que ce montant, sauf à embaucher force domestiques.

Ainsi, il omettait de parler de lutte des classes. Celle-ci n’est pas une lubie de marxistes fanatiques. Aujourd’hui, convaincus de l’avoir définitivement gagné, les ultrariches reconnaissent son existence, aussi facilement qu’ils la niaient du temps de l’épouvantail soviétique. Construire la nouvelle société voulue par JFK ne peut se faire qu’en trouvant une issue provisoirement acceptable par tous à cette lutte & comme cela impliquera des renoncements, il ne sera pas facile d’y arriver.

  1. Ainsi, il qualifiait à tort le néo-libéralisme de barbarie : les barbares cherchent à s’approprier les richesses convoitées ; les ultrariches néo-libéraux en possèdent déjà plus qu’ils ne peuvent en consommer, ils n’en veulent pas plus ; mais lucides, conscient de l’absurdité du libéralisme dont ils profitent, conscient de provoquer une inévitable catastrophe économique, en raison de l’épuisement des ressources, ils entendent créer les conditions de leur survie & de celle de leurs héritiers.
  2. Ainsi, il proposait de construire « une nouvelle utopie de la croissance » plutôt qu’« une contre utopie de la décroissance » montrant, ainsi, son incompréhension de la problématique actuelle. C’est une utopie de la décroissance, non malthusienne, qu’il faut concevoir. Car la croissance infinie, même raisonnable, même durable comme disent les libéraux, est une absurdité : notre planète est finie, ses ressources sont finies, & 20 % de la population consomme 80 % des ressources. Le seul point d’équilibre implique que les 20 % dépensiers divisent par 4 leur consommation & que les populations des pays émergents se limitent également ; même si nous changeons radicalement de façon de vivre, c’est impossible sans imposer des restrictions drastiques. Il existe une solution libérale réaliste à ce problème : supprimer les populations en surnombre par des meurtres, des drogues, des guerres, des famines & des épidémies. Je ne la pense pas souhaitable. Seule une théorie, éventuellement utopique de l’instauration d’une société de décroissance pourra limiter les dégâts, elle ne permettra pas de les supprimer ;
  3. Ainsi il définissait le néo-libéralisme comme une contre-révolution. C’est un pur non-sens : les ultrariches 3 ne souhaitent ni le retour à une société féodale, ni celui à l’avant 1929. Ils s’appuient sur tous les conservatismes, y compris contre-révolutionnaires pour assurer leur survie. S’ils sollicitent les intégristes catholiques, ici, ou musulmans, là, ce n’est pas pour renforcer ces religions, mais pour détruire une démocratie qu’ils savent antinomique avec leur survie. Le jour où ils estimeront les intégrismes nocifs, ils essaieront, de même de les détruire, s’il n’est pas trop tard !
  4. Ainsi prétendre que le système est devenu fou est un contresens complet : un système vivant, & on peut considérer la société comme un simili-organisme vivant, n’a qu’un but, se reproduire. Le système capitaliste repose sur la poursuite de l’intérêt général par tous les individus le composant ; le système se développe, si ceux en tirant avantage sont suffisamment nombreux pour vouloir continuer dans cette voie, même si de plus en plus de personnes n’y trouvent pas leur compte ! Il est évident qu’une ou des catastrophes vont se produire entraînant un freinage du système ; ceux qui mènent le train n’ont pas intérêt à ce que ça entraîne la disparition d’un système qui leur réussit ; même si pour le maintenir ils doivent exterminer, chirurgicalement, les empêcheurs de tourner en rond. Un économiste libéral estimait que la Grande-Bretagne ne devrait pas avoir plus de 2 millions d’habitants pour que ceux-ci puissent bien vivre ; elle en a 60 millions, 30 fois trop. À terme, en Grande-Bretagne, comme dans le monde (300 millions d’humains, au lieu des 9 milliards prévus pour 2050), il faudra, dans cette logique, se débarrasser de cet excédent de population ; il y faudra des meutes, des guerres, des épidémies & des famines ! Le système capitaliste est condamnable pour des raisons morales, pas pour des raisons médicales ! Or, un de nos problèmes s’avère la déliquescence morale de cette société, nos morales basées sur la transcendance des notions de bien & de mal sont si peu adaptées à notre temps que si nous n’en élaborons pas, rapidement, une nouvelle immédiatement acceptable, les ultrariches auront gagné sans avoir à combattre & ils pourront se préparer tranquillement à imiter leur modèle Khadafi4, le jour venu !

Ces différences, bien au-delà de la sémantique, marquent une divergence fondamentale d’approche. Or les éveilleurs 5, qu’ils soient, patentés comme JFK, ou dilettantes comme moi-même, ont tellement de mal à éveiller nos grenouilles 6 qu’il vaudrait mieux qu’ils évitent les approximations susceptibles de discréditer leur discours. Si, en plus, ils pouvaient s’accorder sur les dangers à dénoncer leur message serait mieux perceptible !

Une chose s’avère certaine, ce n’est plus le moment des querelles de chapelles, il y a urgence à réunir tous les humains de bonne volonté quelles que soient leurs divergences politiques ou religieuses.

~*~

  • 1 L’adjectif sociétal est usuellement employé pour qualifier la responsabilité d’une personne morale. Je l’emploie pour qualifier tout chose relative à la société dans son ensemble ; l’épithète social avait ce sens, mais aujourd’hui on le restreint de plus en plus aux évènements & aux relations relevant de la sociologie.
  • 2 Journaliste free-lance démocrate, si j’ai bien compris ! fondateur de Marianne qu’il a quitté après son incompréhensible adhésion au Modem, un parti dirigé par l’antidémocrate Bayrou ! Je n’apprécie pas toujours ses positions, car il reste pour moi un dangereux fanatique du juste milieu ! J’emploierai l’abréviation JFK pour le désigner par la suite.
  • 3 Je préfère parler des ultrariches & des riches plutôt que des néo-libéraux : le n »o-libéralisme n’est pas une philosophie uniquement une tentative de justification morale de pratiques moralement répréhensibles;
  • 4 Contrairement à Ben-Ali & Moubarak qui se vautraient dans un clientélisme traditionnel, Khadafi est résolument moderne : il n’a pas employé sa richesse uniquement à enrichir sa famille, mais aussi à s’assurer les moyens de sa survie en prévision de l’assèchement des puits de pétrole, en achetant certains de ses sujets, en soignant son armée personnelle & en finançant des mercenaires un peu partout en Afrique. C’est ce que commencent à faire certains de nos ultrariches occidentaux !
  • 5 Il semble qu’il y ait un consensus pour nommer des personnes essayant de sortir la population de la torpeur consommationiste afin de nous préparer aux dangers qui semblent s’approcher, à moins que ce ne soit parce qu’ils empêchent de dormir en rond !
  • 6 Tout le monde connaît l’histoire des grenouilles (en pratique, cela arrive plutôt à des escargots) qui se prélassent dans une marmite d’eau froide, puis qui se réjouissent quand la température de l’eau augmente & qui s’endorment dans une langueur béate au fur & à mesure que la température de l’eau monte. Quand elles réalisent qu’elles vont mourir, il est trop tard, elles sont trop engourdies pour sauter hors de la marmite ! Les grenouilles c’est nous, l’eau froide est le consommationisme béat (consommation, publicité, télévision, jeux de hasard, voiture) & le feu est alimenté par les riches qui trempent dans l’eau comme nous, mais dans des combinaisons isolantes.
Par Michel
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